The Bash 2009

The Bash 2009
Pfiou, heureusement que je n’ai pas parié mon intégrale de Queen sur celle-là, je m’en serais mordu les doigts au point d’en tirer un sérieux concurrent pour Knacki Ball. Mon nouveau psychothérapeute aurait eu une raison supplémentaire de s’étonner de la multiplicité de mes angoisses et obsessions. Pourtant, je suis bien obligé de reconnaitre ma faute : je devais en finir avec mon retard sur les pay-per-views de la TNA, vous expliquer comment Sacrifice a, après trois évènements calamiteux, replacé la TNA sur de bons rails “Julien Coupat proof”, lesquels ont mené la fédération à un Slammiversary absolument prodigieux. Le souci, c’est que je suis une putain de girouette ayant notamment entrepris de se mater une bonne partie des speed runs hébergés par Speed Demos Archive. Et aussi qu’entre-temps The Bash, non content d’être produit par la fédération dont je me sens le plus apte à causer, s’est lui aussi révélé fort agréable. Au point que son visionnage le jour de mon anniversaire a proprement égayé une journée placé sous le signe des cadeaux en retard. D’où cette scandaleuse priorité. Enfin, scandaleuse, pas tellement car cela fait tout de même quatre fois d’affilée que grand spectacle et rationalité narrative sont des émissions longue durée de la WWE. D’un côté par le truchement d’une draft qui aura permis de délimiter de manière transparente les enjeux de chaque brand (Smackdown pour les combats de haut niveau, Raw pour les histoires rocambolesques, ECW pour le développement). De l’autre par la capacité des scripteurs de la firme à renforcer les fondations d’un personnage sans que la redite ne soit trop contrariante.
Prenons le cas de Jeff Hardy. Au lendemain (ou presque) d’Extreme Rules, je vous expliquais comment le fait de lui offrir le World Heavyweight Championship au terme d’un âpre duel contre Edge avant de lui reprendre via un cash in surprise de C.M. Punk renforçait son aura d’éternel perdant, de jeune loup généreux dans l’effort et malchanceux dans l’aboutissement, ceci au grand dam d’un public toutefois prêt à le suivre le temps qu’il faudra jusqu’à sa consécration. Et bien figurez-vous que les laquais de Vince McMahon ont une fois encore trouvé le moyen de le faire échouer au plus près du but d’une manière crédible. Fidèle à lui-même, Jeff a ainsi sué des litres de sueur en alignant ses chouettes signature moves avant de tirer une tronche de plusieurs pieds de long en découvrant avec l’arbitre que le tombé scellant sa victoire était invalidé par la présence d’un pied de Punk au niveau des cordes. S’en est suivie une vaine prolongation du match, le champion ayant préféré se prévenir d’une deuxième dérouillée moite en assénant un sonore coup de pied à l’arbitre. Résultat de ce booking top niveau, le heel turn de la Straight Edge Superstar a bénéficié d’un entérinement des plus convaincants (ces mimiques machiavéliques, miam) tandis que le cadet des Hardy Boys a grimpé un échelon de plus vers ce fusillement de plombs et ce règne jubilatoires que promettent ses échecs à répétition, le tout en complément d’un match franchement héroïque d’un côté comme de l’autre.
Même tarif du côté de l’excellente et durable rivalité opposant Chris Jericho à Rey Mysterio, à savoir un affrontement d’anthologie, aisément le meilleur de cette cuvée 2009 de l’ex-Great American Bash en raison des galipettes déconcertantes du nabot masqué, de l’imagination déployée par Y2J pour les contrer, du suspens haletant de l’ensemble et de la roublardise de la conclusion : croyant pouvoir renouveler l’exploit d’Extreme Rules, à savoir faire perdre ses moyens au Mexicain en divulguant son visage, Jericho s’est retrouvé pris à son propre piège en découvrant un second visage de façade sous le premier. Présenté de la sorte, ça n’a l’air de rien, mais dans le feu d’une action aussi rapidement cadencée et sachant que le championnat Intercontinental n’a pas été autant mis en valeur depuis un bail, je vous assure qu’il était ardu de réprimer un “oh oh oh” à faire passer le Père Noël pour un chanteur de folk lo-fi. Cependant, les deux séquences les plus inattendues, on les doit à deux rencontres mineures.

Pour un flirt avec Khali, Ziggler a fait n'importe quoi. Qu'il assume
La première, entre Dolph Ziggler et The Great Khali, a servi de déclencheur pour le retour surprise de Kane, venu offrir sans raison apparente à Ziggler (parfait en mode “poupée de chiffon“) une victoire salvatrice. Débarrassé de cette joute peu fertile, ce dernier devrait pouvoir employer son charisme, son physique d’Apollon de la salle de gym et sa gimmick de timbré narcissique à meilleur escient. Quant à l’explication à propos de l’agression du Big Red Monster, je ne suis personnellement pas pressé de la connaître, sa belligérance contre le Punjabi Playboy s’annonçant de toute façon aussi palpitante qu’un kaiju eiga monté par l’équipe technique de Derrick.
La seconde, elle est apparue en amont de la défense du titre par équipe avec la constitution en dernière minute d’une deuxième paire de challengers. Et quelle belle paire, si vous me passez l’expression ! Rien de moins que Edge et Jericho, outrés par le manque de considération dont fait preuve à leur égard le General Manager Theodore Long et inclus à la carte par ledit GM pour satisfaire les pulsions chaotiques fictionnelles du big boss de la firme. Évidemment, dès l’apparition des deux top heels de la WWE, il était entendu qu’ils repartiraient de Sacramento avec quelques dorures autour de la taille. Ce fut le cas à l’issue d’un Triple Threat correct et assez comique à défaut d’être éblouissant, où Carlito et Primo ont assuré le minimum syndical niveau voltige. Néanmoins, plus encore dans le cas de Ziggler, les possibilités que laissent entrevoir un tel bouleversement (un renforcement de la division tag team, une surplus de qualité à Raw grâce à la présence occasionnelle des deux nouveaux champions) suffisent à en faire une réussite. D’autant qu’il aurait finalement été idiot de sacrer la Team Priceless alors que Ted DiBiase amorce un face turn imposé par sa place prépondérante dans le casting de The Marine 2. A ce sujet, l’altercation entre Ted et Randy Orton a soulevé une question : que va devenir la Legacy avec un membre en moins ? Réponse au Monday Night Raw d’hier soir : elle va perde en homogénéité ce qu’elle va gagner en fiabilité grâce à l’arrivée de l’inénarrable Jack Swagger dans ses rangs. Voilà pour les réjouissances, passons au menu fretin.

Jeff Hardy, fan de Richard Gotainer
Inutile de gloser sur l’énième victoire de John Cena, il fallait vraiment être le dernier des crédules pour croire que la WWE allait récompenser The Miz de ses progrès en lui offrant l’occasion de battre un main-eventer de ce calibre, de le ravager à coups de chaise ou, tout du moins, de lui résister assez pour en ressortir grandi et dépasser son rôle de mythomane crâneur. Maintenant qu’il peut rendre regardable une lutte dénuée de tout sex appeal comme celle-ci, ne reste plus qu’à espérer qu’il n’ait pas été impliqué dans cette feud uniquement pour occuper Cena entre deux ruées vers l’or. Il en est un autre en revanche, dont les efforts n’ont pas été ignorés. Il s’agit de ce bon vieux Mark Henry, véritable star du capharnaüm orchestré pour la ceinture ECW, bien qu’il ne l’ait pas emportée. Irréprochable en mastodonte inamovible et surpuissant, à l’origine de bien des hourras du côté du public, il a carrément été transféré le lendemain à Raw pour y vaincre Randy Orton au cours d’un Gauntlet Match. Comme face turn abrupt mais triomphant, on peut difficilement faire mieux. Le Scramble en lui-même n’était pas déplaisant, principalement grâce au World’s Strongest Man donc, mais aussi grâce au bagarreur Finlay, Swagger et Christian ayant été plus en retrait qu’à l’accoutumée. Il est simplement dommage que Tommy Dreamer le chialeur ait conservé son statut alors que ses quatre concurrents avaient des raisons plus valables de se le voir attribué : Finlay pour ses services rendus, Christian et Swagger pour leur donner de l’ampleur en prévision de leur avenir au firmament, Henry pour saluer ses progrès. Un moindre mal, maintenant qu’on sait que deux d’entre eux ont rejoint la cour des grands.
Enfin, le choc Triple H./Orton a réussi le tour de force d’être à la fois mensonger et fidèle aux attentes, surprenant et prévisible. Attention va falloir suivre. Mensonger, car la stipulation en vigueur (le Three Stages of Hell Match, soit l’enchainement d’un baroud standard, d’un Falls Count Anywhere et d’un Stretcher Match) a été vendue comme le socle d’une bataille épique face à laquelle un Iron Man Match passerait pour un squash d’une trentaine de secondes. Or, c’est à un simple Stretcher Match que les spectateurs de l’ARCO Arena ont eu droit. Surprenant, car la raison de ce raccourci est que le number one contender s’est empressé de se faire disqualifier pour assurer le deuxième pinfall, ce qui avec du recul et au regard de l’inimité nourrie par The Game envers le Legend Killer parait relativement sensé. Fidèle aux attentes car, après le Last Man Standing livré par les deux compétiteurs une semaine plus tôt, on savait qu’il y aurait des grosses mandales, une déambulation du ring au TitanTron, deux tas de muscles passant le plus clair de leur temps à ramper, bref rien de bien excitant au-delà de l’habituelle aura de tragédie grecque. Prévisible, puisqu’une fois de plus, Rhodes et DiBiase ont aidé leur couard de leader à s’en sortir avant que le héros des foules ne sorte un sledgehammer de son slip et ne s’éclipse comme un roi. Un roi déchu, mais un roi quand même. Non ce n’est pas une nouvelle référence à la disparition de Michael Jackson, mais je sais que là où il est, il est vert (ouais, sa pigmentation a encore changé) d’avoir manqué ce Bash 2009 également placé sous le signe de l’absence. Celle de Batista, qui n’a même pas profité de sa convalescence pour jaillir d’un gâteau au milieu de mon salon. Connard.

"Hi coquine ! Ca farte ?"
The Bash 2009 – 28/06/2009 – ARCO Arena, Sacramento, Californie
- Shelton Benjamin Vs. R-Truth (Dark Match)
- Christian Vs. Tommy Dreamer (c) Vs. Finlay Vs. Mark Henry Vs. Jack Swagger (Championship Scramble – ECW Championship)
- Chris Jericho Vs. Rey Mysterio (c) (WWE Intercontinental Championship)
- The Great Khali Vs. Dolph Ziggler (No Count-Out / No Disqualification Match)
- The Colons (c) Vs. Vs. Edge & Chris Jericho Vs. Team Priceless (Unified WWE Tag Team Championship)
- Michelle McCool Vs. Melina (c) (WWE Women’s Championship)
- Jeff Hardy Vs. C.M. Punk (c) (World Heavyweight Championship – Disqualification)
- John Cena Vs. The Miz
- Randy Orton (c) Vs. Triple H. (3 Stages of Hell Match – WWE Championship)
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