Cyber Sunday 2008

Cyber Sunday 2008

Les Svinkels, les plus malheureux candidats de Qui veut gagner des millions, évincés suite à un conseil collectif faisandé et Marianne James vous le diront : (je suis en retard en retard en retard dans mes chroniques et) ce qu’on appelle communément public n’est qu’un ramassis de couillons réussissant le tour de force de réserver ses vivas les plus tonitruants à du bran tout en faisant passer, par conséquent, ses rares moments de lucidité pour des aberrations. L’édition 2008 du Cyber Sunday de la WWE, dont la particularité est de donner le pouvoir aux spectateurs américains en les invitant à voter pour les stipulations des matchs et/ou à choisir les opposants des champions en lice, a évidemment souffert de cet état de fait et confirmé au passage la mollesse des trop nombreux pay-per-views intermédiaires de la fédération.

Tout avait pourtant si bien commencé, l’évènement s’ouvrant sur un détournement de la campagne promotionnelle 5 Friends, laquelle voyait Leonardo Di Caprio, Scarlett Johansson, Ben Stiller, Sacha Baron Cohen, Steven Spielberg, Eva Longoria et bien d’autres célébrités du petit et grand écran inviter leurs compatriotes à faire entendre leur vote dans le cadre de la récente campagne présidentielle états-unienne. Peu après, la soirée prit même une tournure diablement alléchante grâce à la rencontre entre Matt Hardy et Evan Bourne pour le titre ECW, la foule ayant eu la présence d’esprit de préférer le second à une énième tentative de revanche de Mark Henry et à un Finlay catapulté là en guise de dernière roue du carrosse. Résultat : un duel en forme de point culminant du show, dont Hardy sortira logiquement vainqueur, et une vraie opportunité offerte au jeunot de grimper les échelons, celui-ci ayant prouvé que ses impressionnantes compétences de voltigeur et sa souplesse de poupée de chiffon pouvaient carrément atténuer la transparence d’une star du calibre d’Hardy. Le petit Jésus, fan dudit Hardy (dont il croit qu’il est le fils de Françoise et Oliver), fera d’ailleurs payer à Bourne son outrecuidance en l’amenant à se disloquer la cheville quelques jours plus tard.

Je serais un enfoiré mangeur de caniches, j’inviterais les curieux à se contenter de cette rencontre et à faire l’impasse sur le reste du spectacle, mais comme j’ai une préférence pour le fondant des teckels je me garderai bien d’une telle désobligeance, également car deux matchs peuvent être repêchés. Celui de l’Undertaker et du Big Show pour commencer, le Dead Man et son massif archenemy ayant livré un Last Man Standing Match  (tous les coups permis jusqu’à ce qu’un KO de dix secondes s’ensuive) honorable, en dépit de l’évidente fatigue du croque-mort, le poids de ses blessures et des années ayant donné lieu à quelques incohérences. L’arbitre a ainsi dû se montrer particulièrement coulant à son égard pour être certain qu’il triomphe de son opposant, en évitant par exemple de poursuivre le décompte lorsqu’au lieu de se redresser à la dernière seconde il retombait sur ses deux fesses comme un poupon trop pressé d’aller mater sous les jupes des filles.  Au moins, le choc aura été plus retentissant que celui de No Mercy et, surtout plus crédible que celui de Rey Mysterio et Kane, eux aussi impliqués dans un No Holds Barred Match où, là aussi, tous les coups étaient permis. Match remporté par Rey Mysterio, petite crevette virevoltante dont on se demande comment elle a pu résister à autant de coups (de chaise, notamment) et causer assez de dégâts à un gros bébé tel que Kane autrement que par le truchement de scripteurs torchés à l’Audispray.

Outre cette feud faisandée, on oubliera l’énième altercation entre Cryme Tyme et The Miz et John Morrison (en dépit d’une surprenante performance de JTG), préférée à un championnat par équipe qui aurait permis à Kofi Kingston et CM Punk de ravir les ceintures de la Team Priceless… ce qu’ils feront une semaine plus tard à Raw. Même remarque pour le segment consacré à Santino Marella, excellent lutteur devenu excellent bouffon mais dont le moindre combat lui vaut d’être tourné en ridicule, en l’occurrence par trois vestiges ressortis du placard : The Honky Tonk Man, Goldust et Roddy Piper. D’ailleurs, maintenant que le sieur Marella a été dépossédé du championnat Intercontinental (hier, snif), on peut légitimement s’interroger quant à son avenir. Difficile en revanche de passer outre les deux principaux combats, ne serait-ce que pour déverser quelques torrents de dégoût et d’insultes gratuites. A l’encontre de Triple H pour commencer, dominé pour la troisième fois par un Jeff Hardy impeccable (bien qu’en deçà de sa prestation à No Mercy) et qui trouve  à nouveau le moyen de prolonger son règne sur un nouveau finish magique : comme par hasard, son adversaire décide de réaliser deux fois de suite son finish (et se fait donc contrer la seconde fois), alors qu’il sait pertinemment qu’un seul suffit.

A l’égard de Batista ensuite, catcheur limite insipide auquel la WWE a décidé d’offrir le titre suprême avant de lui reprendre au bout de huit jours (!) pour le rendre à son propriétaire, Chris Jericho. Le pire, c’est que Jericho se comportant désormais plus comme un couard sans talent que comme un technicien aussi doué que machiavélique, il n’aura guère eu l’occasion de relever le niveau de sa défaite. D’autant qu’histoire de nous la jouer bouquet final, les scénaristes ont cru bon d’amener les trois arbitres invités (Randy Orton, Shawn Michaels et Steve Austin) à se succéder sur le ring pour pimenter la rencontre avant de donner le beau parole à celui désigné par le public : le Texas Rattlesnake, revenu cabotiner un coup alors que c’est sur le ring qu’on l’attend. Scandale donc, qui risque bien de se répéter aux Survivor Series avec le retour en fanfare du grand blessé John Cena, précédé d’une campagne promo envahissante à souhait. M’enfin, laissons donc là ces funestes présages retrouvons nous plutôt dans les jours qui viennent, si vous le voulez bien, pour causer du plus recommandable Turning Point de la TNA, décidément sur une bonne pente. Et si vous ne le voulez pas, on se retrouve quand même et je vous dévore les yeux avec une petite sauce des îles dont vous me direz des nouvelles entre deux cris de douleur.

Cyber Sunday 2008 - Matt Hardy & Evan Bourne

La liberté sexuelle illustrée, figure 26 : le petit pont de bois



Cyber Sunday 2008 – 26/10/2008



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