No Mercy 2008

No Mercy 2008
On a coutume de dire que l’habit ne fait pas le moine (alors que sans habit un moine n’est qu’un exhibitionniste), pourtant il semblerait ces temps-ci que les affiches de la WWE aient une portée prophétique : quand un lutteur y adopte une expression de douleur, c’est qu’une ceinture va lui passer sous le nez. Après la déconfiture de Batista à Unforgiven, c’est donc au tour de Jeff Hardy de figurer en mauvaise posture sur un visuel des plus éculés et donc d’échouer au plus près du but. Certes prévisible, sa défaite contre l’imbitable, pardon l’imbattable Triple H est d’autant plus rageante qu’elle a défié les conventions, le champion en titre se révélant capable d’effectuer un tombé surprise après avoir trainé la patte pendant tout le match et encaissé pas moins de quatre prises de finition sans appliquer une seule fois la sienne. Et tout ça pour finir sur une poignée de main cordiale au lieu de nous déclencher une rivalité un peu plus tendue entre les deux loustics, j’vous jure. Reste qu’en dépit de cette escroquerie dont le King of Kings semble de plus en plus coutumier, le voltigeur total look aura assuré la moitié du show dans ce qui fut une soirée aussi plate qu’un plat du jour.
La seconde moitié, on la doit à Shawn Michaels et Chris Jericho, dont la loooooongue feud aura connu un nouveau point culminant grâce à un ladder match spectaculaire, douloureux (une dent pétée et des lèvres amochées pour le champion) et au final tendu comme un vibrato peut l’être pour André Manoukian. Cerise sur le gâteau, Jericho conserve son titre, pourvu que son règne dure tant les heels aussi accomplis, c’est à dire intéressants sur le ring et crédibles au micro, sont rares. Malheureusement, avant de pouvoir s’exclamer au moindre coup d’échelle un peu retentissant il aura fallu se fader une succession de rencontres pas franchement enthousiasmantes, que l’on pourra classer selon trois catégories :
- celle du réchauffé avec les duels Batista contre JBL et Matt Hardy contre Mark Henry, balourds et oubliables aussi rapidement qu’une plante aquatique peut l’être pour un poisson rouge ;
- celle du correct grâce à Rey Mysterio et Kane, le petit acrobate et son colossal archenemy ayant réussi à dépasser leur différence de gabarit pour faire oublier le temps d’un combat une storyline pourtant plombée par ce contraste ;
- celle de la déception, cristallisée par le choc que devait constituer l’affrontement entre l’Undertaker et le titanesque Big Show. Bien que la logique du “ce qui ne tue pas l’Undertaker le rend plus fort en vue d’une revanche pas piquée des vers” ait été respectée à la lettre, il n’aurait pas été mal que celle-ci le soit avec plus de vigueur, le gros nounours fait protecteur de l’irritante Vickie Guerrero (General Manager de la division Smackdown) s’étant contenté d’une petite correction en lieu et place d’une bonne dérouillée.
Bref, pas de quoi se taper la cuisse avec une batte de cricket, même si l’on retiendra une bonne initiative : la présence plus marquée au micro et en coulisses de superstars annexes, à l’image du rouleur de mécaniques Randy Orton ou de MVP, embarqué dans une amusante vraie-fausse amorce de face turn aux côtés de CM Punk et Kofi Kingston contre la Team Priceless. Plus qu’à espérer qu’elle soit reconduite et que la WWE se rende compte que ses pay-per-views ont tendance à tourner à rond à force de laisser végéter les deux titres par équipe, l’Intercontinental Championship et le United States Championship. Après, peut-être que les instances dirigeantes de la WWE sont végétaliennes, chacun son truc…

"Une petite souplesse arrière ?" / "Non merci" / "OK" / "Oh sh..."
No Mercy 2008 – 05/10/2008
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