Unforgiven 2008

14sept08
Unforgiven 2008

Unforgiven 2008

Tadaaaaam, comme promis, une petite dissection de pay-per-view, parce que les grenouilles et les têtes de crevettes, ça va cinq minutes. Qui plus est, en me pressant un chouïa, cela me permettra  peut-être de parler de choses plus sérieuses (musique, cinéma, le boson de Higgs est-il plus drôle que le Bozo de Livingston) avant la diffusion du No Surrender de la TNA, évènement que ma conscience professionnelle aussi développée que l’envie de Sarah Palin d’aller mettre une torgnole aux russes m’obligera à traiter dans ces colonnes  En espérant qu’il soit un peu plus palpitant que ce Unforgiven.

Celui-ci était pour la WWE l’occasion d’introduire un type de match inédit : le Scramble Match. Deux participants débutent les combats, ils sont rejoints toutes les cinq minutes par un concurrent, jusqu’à ce que cinq gaillards se mettent copieusement sur la tronche. Durant ce laps de temps, celui qui parvient à faire un tombé, quelle qu’en soit la victime, devient le détenteur du titre en jeu jusqu’à ce que quelqu’un d’autre effectue un tombé. Aux termes des vingt minutes du combat, le dernier a avoir obtenu un compte de trois empoche la mise. Dans le principe, yabon Banania, le suspens promettait d’être intense et le spectacle garanti au regard du nombre de superstars impliquées. Las, c’était sans compter sur la prévisibilité des évènements de la firme, l’inégalité de son roster et sa tendance à se précipiter de toute sa masse dans la moindre petite ouverture. Résultat, il a fallu se fader trois affrontements sur ce modèle avant même de savoir s’il valait vraiment tout ce foin promotionnel.

Le premier était consacré au ECW Championship. Loin d’être le pire grâce à son panel de lutteurs équilibré (du petit Chavo Guerrero au mastoc Mark Henry), il a pourtant d’emblée terni le concept qui chevillait la soirée, par un finish aussi bordélique que téléphoné : Matt Hardy empêchant 184 fois Mark Henry de faire un pinfall tranquille. Bon j’exagère, ce devait être 178 fois, toujours est-il que bien peu de spectateurs ont dû tomber de leur chaise et appeler leurs prochs pour leur annoncer la nouvelle lorsque la cloche a retenti pour signifier la victoire du sieur Hardy. Correct sans plus donc.

Vient ensuite le Scramble Match pour le WWE Championship et là, plus besoin de respirateur artificiel par le truchement des deux courants d’air frais que sont Jeff Hardy et The Brian Kendrick, qui ont assuré le spectacle à eux deux, le premier grâce à des acrobaties dont il est difficile de se lasser, le second grâce l’hilarité que provoque ses mimiques de précieux péteux, genre Ricky Martel défoncé à l’eau écarlate. En outre, le bonhomme tient sa place sur le ring et n’est pas en reste niveau voltige. Pendant ce temps, Shelton Benjamin et MVP auront pataugé dans leur coin, complètement effacés alors qu’on était en droit d’attendre de grandes choses de leur part. En fait surtout de celle du premier, aussi athlétique que piètre acteur, Montel Vontavious Porter (quel nom mes aïeux) étant ces temps-ci dans le collimateur des dirigeants. Reste que le combat fut assez révélateur de la prédominance qualitative de la division Smackdown, en dépit de l’arrivée de Triple H, insupportable et indétrônable champion qui aura fait le ménage avec la finesse d’un hippopotame prenant part au World Jump Day. Heureusement pour lui que le bonhomme sait tenir un micro et satisfaire la libido de la fille de son patron.

Ce qui nous amène au clou (rouillé) du spectacle : le Scramble Match dédié au World Heavyweight Championship. Soit une mêlée de bourrins (Kane, Batista, JBL…) plus bruyants que des tennismen à la moindre corde à linge, avec une minuscule tâche au milieu, Rey Mysterio, toujours plaisant à voir virevolter mais définitivement pas à sa place dans cet enclos. Le tout sans champion. Agressé plus tôt dans la soirée par un Randy Orton dont le retour aux affaires se fait de plus en plus désirer, CM Punk n’a en effet pas pris part au combat. Une sacrée vacherie de la part des scripteurs, quand même bien il manque à cet émissaire du straight-edge un petit quelque chose pour mériter un titre aussi important. Du coup, il est rapidement devenu évidemment que c’est son remplaçant qui allait chiper la ceinture au nez et à la barbe des challengers, et particulièrement ceux de Batista (qui n’est pourtant pas barbu), en témoigne l’affiche de la soirée, surpuissament prophétique. Le pronostic n’a pas raté, puisque quelques minutes après être entré en scène, Chris Jericho, pourtant annihilé par Shawn Michaels plus tôt dans la soirée, a remporté la victoire.  Mais bon, Vince McMahon et ses sbires ne sont plus à une incohérnece près. Au moins, la surprise aura été au rendez-vous, d’autant que le sacre de l’un des meilleurs heels de la WWE ne peut pas être une mauvaise chose.

Et puis tiens, parlons-en de sa rencontre avec Shawn Michaels et résumons-la ainsi : petite déception. On attendait une vibrante apothéose à une feud poussée si loin qu’elle en devenait dégoulinante de pathos, mais c’était compter sans la blessure du Heartbreak Kid. Bien diminué, il aura tout de même réussi à prendre part, de l’aveu de nombre d’observateurs, au véritable temps fort de ce Unforgiven, notamment grâce à quelques cascades pas piquées des hannetons, Unsanctioned Match oblige. Hormis ce point d’orgue un peu longuet, on retiendra un championnat par équipes tout juste correct, dont le principal mérite a été de consolider le clan des fils de légendes par l’introduction d’un nouveau membre, et un Undertaker qui n’est plus que l’ombre de lui-même. Vestige d’une époque plus haute en couleurs, il est un précieux freak au milieu d’une galerie de personnages tous plus sérieux les uns que les autres, mais son gimmick de sinistre immortel n’a malheureusement plus l’aura ni le mystère d’antan. De fait, son interminable feud avec la General Manager de Smackdown, Vickie Guerrero (et désormais avec son nouveau protecteur, Big Show), est à se couper la tête au coupe-ongles. En résumé, un pay-per-view en rodage et par conséquent pas bien jojo… Pardon ? Le Divas Championship ? Ha non vous savez, moi le catch féminin, ça me fait le même effet qu’une session de l’Assemblée Nationale à Raymond Barre.

Unforgiven 2008

Bien urbain, Jeff Hardy compatit avec votre serviteur



Unforgiven – 07/09/2008



One Response to “Unforgiven 2008”  


  1. 1 No Mercy 2008 « L’Ombre du Z.

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