Trèfle de plaisanterie

Cloverfield
Youpla boum, oublions que j’ai été absent de ce blog trop longtemps et bouclons, comme si de rien n’était, notre thématique “cinéma du réel pas franchement réel” avec Cloverfield. Lequel, visionné par votre serviteur après la modestie de [Rec] et l’artisanat routinier mais bienveillant de Diary of the Dead, peut se résumer par cette formule : ratage à l’américaine. Bon, ça sonne un brin xénophobe dit comme ça, mais vous allez comprendre. Sinon je mange mon meuble de cuisine Ikéa.
Au début, tout va bien, la caméra en vue subjective et l’absence totale de musique (et de mise en scène, en poussant le bouchon) mettent rapidement dans l’ambiance de cette longue et chiante fête d’au-revoir qui tourne à l’apocalypse. Du coup, même si on flippe un peu devant le casting sorti d’un teen-movie standard, quand la première explosion survient et que la tête de la Statue de la Liberté joue les cochonnets, on se dit que le buzz était légitime et qu’on tient enfin la réponse datée du 11 Septembre au Godzilla post-Hiroshima. Et soudain, tout fout le camp ma bonne dame.
Déjà, au lieu de n’être qu’une silhouette ou une menace hors-champ tout au long du long-métrage, le monstre est progressivement dévoilé dans toute sa… euh… sa laideur. Non sérieusement il est grotesque, on dirait une TMNT qui vient de sniffer du poppers, le pire étant qu’il pond des machins insectoïdes qui se planquent dans le métro, passage oblige pour une séance de frousse en infrarouge à la Pitch Black (en moins réussi). Dommage, d’autant que par ailleurs l’absence totale d’information au sujet de la créature ne nuit absolument pas à l’ambiance, trop occupé que l’on est à goûter l’immersion et à se masser les tempes pour ne pas être terrassé par les mouvements de caméra.
Passage oblige je disais car nos jeunes héros ont choisi de ne pas se faciliter la vie : dans la panique, le bellâtre sur le départ décide d’aller sauver son ex, qui vient pourtant de lui signifier qu’il était temps de passer à autre chose. Bien sûr, ses potes sont bien urbains, alors ils l’accompagnent plutôt que de sauver leurs miches. C’est bien là le problème : Cloverfield vire rapidement au blockbuster conformiste, bouffi d’héroïsme et de sentimentalisme, truffés de séquences attendues (plans aériens, immeuble éventré dont il faut atteindre le sommet comme par hasard…) et au scénario atrophié et invraisemblable (les dernières minutes, au secours), J. J. Abrams (le producteur qui démarre fort avant de se griller les neurones, voir Lost et Alias) et son collègue Matt Reeves ayant choisi de capter une catastrophe sans occulter les personnages et en oubliant le réalisme en court de route. Manque de pot, ceux-ci sont aussi fades qu’une endive chez Desproges, et Zeus sait que je n’aime pas les endives. Du coup, quand on se cramponne au fauteuil ou au canapé, difficile de savoir si c’est parce que les images de destruction sont saisissantes ou par agacement.
Alors, amis lecteurs, ne vous méprenez pas, Cloverfield n’est pas une sombre daube. Malgré son intensité, il est juste largement en-deçà des promesses portées par sa promo roublarde. Question film de monstres, The Host est donc toujours au sommet, tranquille, indétrônable.

"Là, un avion détourné !"
Cloverfield – Matt Reeves (Bad Robot / Paramount Pictures) – 2008
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Tags: CINEMA, Cloverfield, film, film catastrophe, film de monstres, Godzilla, J. J. Abrams, Lost, Matt Reeves, science-fiction
Il y a aussi l’effet mal de mer qui a très très bien marché sur moi, m’obligeant à tourner la tête vers la fin du film pour pas aller m’alléger de quelques pizzas encombrantes…
The Host ?
Mouais, ce film m’a tellement pas marqué que je suis incapable de me rappeler de la fin.
b0b0 je te renie.
Buzzer, c’est effectivement un bon moyen d’éviter le pire passage du film.