Everyday Shooter

Everyday Shooter

Steam, la plate-forme de distribution numérique de Valve, est un véritable pousse-à-la-dépense, surtout depuis qu’elle est régulièrement approvisionnée en jeux indépendants aussi excitants que leur coût est modique. Alors que vient de sortir Redlynx Trials 2 Second Edition, un jeu de moto trial qui s’annonce sous de bons augures, et après les circuits musicaux d’Audiosurf, léger retour en arrière avec le test d’Everyday Shooter, une petite prod biclassée shoot’em up abstrait addictif et chouette album d’indie rock.

Mais qu’est-ce qu’il raconte ce putain de blogger ? Procédons par étape. Développé par Jonathan Mak sous la bannière Queasy Games et pensé comme un disque, Everyday Shooter ne vous permettra pas de vous faire cuire un œuf sur votre carte graphique. Épurée, colorée et surtout lisible, la réalisation du soft n’en est du coup pas moins adaptée à l’action : aux commandes d’un petit carré, le joueur doit résister à des vagues de formes belliqueuses, le tout sur un écran fixe et au moyen d’un canon multidirectionnel. Jusque là, rien de nouveau, le genre ne manquant en outre pas de représentants de qualité. La subtilité réside dans la façon d’engranger des points, nécessaires pour acheter diverses options (indispensables vies supplémentaires, habillages différents…) et pour bomber le torse. En effet, ceux-ci ne s’obtiennent pas en dézinguant la flotte ennemi, mais en la pulvérisant par l’entremise de réactions en chaîne, chaque piste ayant son propre système à analyser dans l’espoir de s’en tirer : un maillage de cellules dont il faut cibler le centre névralgique, un ennemi spécifique à propulser contre ses acolytes, une sorte de robot qui déclenche l’explosion de ses semblables…

Éliminés par ce biais, les opposants sèment des carrés blancs à récolter avant qu’ils ne s’évaporent. Pas de bol, ces saloperies le font plutôt rapidement et le “vaisseau” que l’on pilote est d’une lenteur assez perturbante, même si le fait de cesser le feu lui permet de mettre les gaz. Ce n’est d’ailleurs pas là la (la la la, France 98 represent) seule faille d’Everyday Shooter, celui-ci pêchant aussi par sa durée de vie limitée (huit tableaux), heureusement un peu compensée par son potentiel de rejouabilité et sa difficulté. Plus embêtante est sa maniabilité. Avec quatre touches du clavier pour contrôler le déplacement et quatre autres pour la trajectoire des tirs, les handicapés psychomoteurs en seront quittes pour se reporter sur un produit plus accessible. Un jeu console ? Argument irrecevable, Everyday Shooter étant paru à l’origine sur le PlayStation Network de la Playstation 3. Au pire, il est toujours possible de se munir d’un pad, mais cela ne changera pas un problème fondamental : la limitation à huit directions, qui impose des placements biscornus pour échapper très nombreux machins qui en veulent à votre…euh… à vos côtés.

Mais bon, toutes ces bricoles et l’absence de ladder et d’achievements mieux intégrés à Steam (Steamworks à la rescousse ?) ne doivent pas refroidir les curieux, surtout s’ils sont mélomanes, car le jeu est ainsi doté d’une bande-son à se rouler par terre en imitant le cri d’un hérisson en pleine nuit de noces. Entièrement interprétée à la guitare, elle se compose de riffs bruts comme d’arpèges zen et, luxe suprême, réagit (un peu) à l’action, les bruitages étant eux-mêmes produits par l’instrument et au rythme des affrontements, qui retombe régulièrement le temps de relaxantes accalmies. Conclusion en deux briques : originalité. Rareté ? Qualité. Indispensable à toute bonne ludothèque ? Pas loin mais presque.




Everyday Shooter (Queasy Games) – 2007



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