Ace dragon

Doragon Bōru
Né en 1983, j’ai évidemment grandi avec le Club Dorothée et donc, avec Doragon Bōru, Dragon Ball dans la langue de Rimbaud (pourquoi toujours Molière, hein ?), dont j’ai acheté tous les volumes quand Glénat a décidé de traduire le manga. Volumes revendus sans remords, depuis que ce même éditeur a décidé de les republier avec une traduction moins puérile, des couvertures moins moches (celles d’origine) et un sens de lecture japonais (adieu le cœur à droite de la poitrine). Et encore, cette nouvelle mouture, notamment en raison d’une impression honteusement dégueulasse, est à des lieux de l’édition kazenban (”parfaite“). Tout ça pour dire que, vu que je ne lis pas le dialecte de Takeshi Kitano, j’investis une partie de mes deniers dans les nouveaux coffrets de Glénat. Par conséquent, après relecture de tout cela, je suis en mesure de le certifier : Doragon Bōru est, aujourd’hui encore, le fleuron du shōnen…
… même si plus de la moitié de l’œuvre vire au grand n’importe quoi, dès lors qu’androïdes (Seru et co.) et démons gloutons (Ma-jin Bū, au centre de l’histoire la plus grotesque) entrent dans la valse des ennemis toujours plus redoutables, sur fond de voyage dans le temps et d’auto-parodie guerrière. Heureusement, avant cela, Akira Toriyama, l’auteur de ce manga fondateur, aura écrit le seul arc de sa saga présentant un semblant de scénario (la planète Namek, sous le joug du tyran Fûriza) et surtout, la jeunesse et l’apprentissage de son héros : Son Gokū, orphelin à queue de singe qui va arpenter le monde avec la jeune Bulma, à la recherche des boules de cristal et du vœu qu’elles permettent d’exaucer une fois réunie. Car c’est bien avant que ce dernier ne soit marié et père de famille que Doragon Bōru est passionnant.
Héros naïf au potentiel hors du commun ? Check. Tournois ? Check. Adversaires qui se muent parfois en de précieux compagnons ? Check. Professeurs de combat utiles, vitesdépassés et un brin cinglés (Muten-Rōshi le lubrique, Kaiô le roi du calembour) ? Check aussi. Bastons dévastatrices ? Encore check. Mise en avant des valeurs d’amitié, de combattivité, d’honneur ? Check. Aucune surprise, tout le barda habituel est bien présent et à vrai dire, reprocher cela à un titre fondateur, ce serait comme reprocher à Jésus d’être ressuscité (Jean-Pierre Chevènement n’est qu’un suiveur, pour rappel). La différence étant, comme pour Hantā X Hantā ou Wan Pīsu, que tous ces éléments dépassent le cadre du simple gimmick à l’attention du public cible : les personnages ont du charisme, le contexte dépayse par sa fantaisie (une Terre futuriste, où tout peut-être miniaturisé, où les dinosaures ont survécu et où nombre d’habitants sont des animaux humanisés), les aventures du gamin à la tête dure se révèlent aussi folkloriques (un polymorphe kidnappeur de jeunes filles, une voyante à laquelle on accède en tannant ses serviteurs) qu’épiques (une armée privée à défaire) et brillent par leur durée raisonnable (pas comme dans Naruto par exemple). Sans parler de la mise en scène et du dessin, dignes de l’épithète percutants, et de l’humour, pondéré entre lourdeur et absurdité. Mais quand même, quelle expression stupide que ce “sans parler“.
Malheureusement, comme je l’ai évoqué, tout cela se tassera de plus en plus à mesure que la série sera artificiellement prolongée, ce fantastique cocktail qui ferait passer Tom Cruise pour un fabriquant de bière frelaté tenant au final plus de la boisson gazeuse oubliée dans un coin. Damn, I’m the bloody king of metaphors !

Insérez ici une pesante allusion sexuelle de votre choix
Doragon Bōru (Shueisha) – 1984-1995
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Tags: Akira Toriyama, bande-dessinee, Doragon Boru, Dragon Ball, Dragon Ball Z, Glenat, manga, shonen, Shueisha
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