Généraux électriques

Electric Mop - Pop
mp3 :: Electric Mop – Boys
Ça débute tranquillement avec Jacqueline, comme un vieux standard de jukebox, de ceux qu’une serveuse blonde en jupette rose chanterait dans un truck stop. Même qu’elle claquerait des doigts et qu’elle aurait la voix légèrement voilée. Sauf que pile au moment de l’approcher dans l’espoir de la ramener dans le camion, elle se ferait deux couettes, chausserait des Rangers pointure 43, se décorerait le pif d’une paire de lunettes orange et appellerait son pote cuistot, le gros moustachu qui joue de la guitare avec une bonne pédale fuzz. Tous les deux, ils interpréteraient un morceau appelé Dear Uncle Huguette, un titre de six minutes avec des claviers cryptiques, une rythmique martiale et de temps en temps, un riff conquérant pour faire trembler les tasses de café.
Ha ça, niveau ambiance, ça tranche, et ça comme ça tout au long du premier album d’Electric Mop, sobrement (ou snobement ?) intitulé Pop. Emmené par Bettina Kee et Emiliano Turi (associés au sein du duo garage-pop francophone Gazolina), le trio y hésite en effet entre la combinaison de déminage bleue électrique et la tenue de soirée en noir et blanc. Boys Part 2, ses chœurs soul et ses couplets entonnés dans un vieux micro à charbon, la rythmique cheap de Rumba One ou le finish à deux filets de voix de John et Charlotte seront ainsi des accalmies à savourer comme telles, entre deux roller coasters à dévaler la bouche pleine de barbe à papa.
Car c’est bien lorsqu’elle est muette et qu’elle donne envie de se mettre un slip sur la tête que la musique d’Electric Mop est la plus ravageuse. Sur Rock One par exemple, qui porte le nom d’un odieux magazine musical mais aurait pu être joué à l’enterrement d’Albert Hoffman, pour peu que les convives n’aient pas été insensibles aux claviers from outter space et mélodies chargées en glucose qui drapent le morceau. Encore que, un slip sur la tête pour une procession funéraire, c’est peut-être too much. Par contre, sous des stroboscopes et des néons colorés, aucun souci. A ce titre, les tirs de laser de l’endiablé Boys devraient faire l’affaire. Même chose pour le rythme rebondi de Pandora, composition toxique et synthétique qui évoque du Battles (Atlas) allégé mais blindé d’aspartame. Quant à Mike, il semble tout droit sorti de la bande-originale de l’antique California Games, jeu de skate/surf/BMX/rollers/lancer de frisbee/bilboquet (attention, il y a un intrus) sorti en 1987.
Pour conclure, tuons cette critique à coups de qualificatif : à défaut d’être génial (quelques passages à vide, pas de grand bouleversement), Pop est un disque cool, fun, exubérant, minimaliste, électronique, disco et pop bien sûr. Bref, ecore une victoire de Chief Inspector, label qui sait quelles caillasses lever pour dénicher de bons disques.

Le renouveau de la sidérurgie
Electric Mop – Pop (Chief Inspector) – 2008
Filed under: Noisy Media | 2 Comments
Tags: Abeille Musique, Chief Inspector, disque, Electric Mop, electro, Gazolina, MUSIQUE, pop, rock
géniale cette critique !
:-*
Merci de ton commentaire moogerine. Content que ça ait plu à quelqu’un.