[Rec]less

01mai08
[Rec]

Rec

The Blair Witch Project, c’était pas mal. Incompréhensible, surtout à la fin, mais la réalisation cheap et à vif foutait sévèrement les jetons. Et bien [Rec], c’est la même chose, mais en espagnol et avec un scénario plus construit, plus de professionnalisme et une thématique zombie-virus dans la veine de celle de l’excellent 28 Days Later.

Mais si le film de Dany Boyle bénéficiait déjà d’une teinte “réaliste” idéale pour faire grimper le flippomètre, Jaume Balagueró (spécialiste de la frousse, notamment avec Los Sin Nombre) et Paco Plaza vont plus loin en optant pour une réduction de la distance cinématographique entre spectateurs et personnages. Génération Youtube oblige, le film est en effet tourné en caméra subjective, comme Cloverfield. On y suit Angela, journaliste pour une télé locale en plein reportage gnangnan sur la caserne de pompiers du coin. Appelés pour un incident a priori bénin, un duo de soldats du feu embarque Angela et son caméraman. Sur place, deux flics, des riverins pas franchement rassurés (un coupe de retraités, un interne, une mère et sa fille malade…) et, en haut des escaliers, une mamie  livide et barbouillée de sang. La descente aux enfers peut commencer. Prière d’insérer ici des cuivres crépusculaires, pour bien appuyer le cliché.

La grande force de [Rec], c’est évidemment son postulat très minimal. Bien sûr, il est étonnant que dans la panique, Pablo ne lâche jamais sa caméra, mais bon, s’il n’avait pas eu une conscience professionnelle a toute épreuve, il n’y aurait pas eu de film. Postulat minimal donc, dans la façon de filmer l’horreur, nerveuse (on court, on pose l’engin le temps de fermer une porte ou de calmer un infecté, on espionne par un vasistas…) et approximative (le micro qui déconne, le flash qui tombe en rade, le mode infrarouge. pour se repérer..), mais aussi dans le choix d’un huis-clos, tout le monde se retrouvant rapidement en quarantaine dans le batiment. A partir de là, le tandem de réalisateurs ibériques peut nous balancer toutes les étapes attendues du genre, impossible de ne pas laisser des marques de crocs sur son clavier : taux de paranoïa qui monte en flèche, contaminés oubliés dans un coin qui ressurgissent le temps d’un petite casse-dalle, attention des survivants qui se relâche, fuites avortées, dislocation du groupe, incursion finale du surnaturel…

Film anxiogène et urgent s’il en est, [Rec] se permet même de tourner à la production sociologique (très légèrement hein) dans le regard qu’il pose sur les habitants de l’immeuble, dont le racisme et l’égoïsme latents ressurgissent quand la tension atteint son comble. Et comme le tout bénéficie d’une brochette d’acteurs à l’aise dans leurs rôles (avec en tête Manuela Velasco en journaleuse qui tient le scoop de sa vie, le policier dépassé par la situation, l’inspecteur de la santé qui ne veut rien lâcher…), l’efficacité des partis pris n’en est que décuplée. Bref, l’une des grands réussites de ce printemps, et un film d’infection à classer dans les essentiels.

[Rec] - Extrait

En voilà un qui a sacrément envie de donner sa langue au chat




[Rec] – Jaume Balagueró et Paco Plaza (Filmax) – 2007



3 Responses to “[Rec]less”  

  1. le film rec il est super trop trop trop bien
    en + il fait trop trop trop trop peur
    moi je vous dit g le dvd alors frissons garantit
    ps :ça y va les nuit blanches


  1. 1 Chair journal « L’Ombre du Z.
  2. 2 Trèfle de plaisanterie « L’Ombre du Z.

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