
Avant La Petite maison dans la prairie, il y avait...
Sur ce coup, le blogger bien renseigné pourra me taxer d’être aussi corrompu que le juge Estève de Plus belle la vie puisque je trainais mes guêtres au sein du label Fargo peu avant la sortie du (fantastique) premier album d’Alela Diane. Elle figurait d’ailleurs parmi les plus remarquables représentantes de l’americana au féminin sur la compilation Even the Cowgirls Get the Blues, éditée par le même label et sur laquelle posait entre autres Mariee Sioux, première partie, choriste et amie proche d’Alela. Bien, maintenant que les présentations sont faites, en avant pour la revue.
Des femmes, on en croise un paquet sur la petite scène du Ciel, un peu trop à mon goût, d’autant que le festival Les Femmes s’en mêlent y fait étape. Mais des femmes dont la voix vous prend par la main pour vous emmener chez elles, au milieu des verts pâturages, des montagnes rousses et des cabanons en rondins, ce n’est pas si courant. Mais stoppons-là les images d’Épinal même si Mariee et Alela le valent bien (leurs textes causent d’oiseaux, de bisons, du cocon familial…), le but de la manœuvre étant de les présenter comme de précieuses songwriters, humbles et dotées de voix qui vous changent la colonne vertébrale en sucre.
Celle de Mariee Sioux, qui ouvrait ce soir là pour présenter son album Faces on the Rocks, est celle d’une fée, voilée et évanescente, enfantine et ensorcelante. Armée de sa seule guitare et de son finger-picking galopant, elle irrigue ses chansons de quelques ancestrales mélodies indiennes et se révèle à peine audible lorsqu’elle prend la parole entre deux interprétations. Une grâce d’un autre temps, malheureusement un brin aride du fait de la longueur des compositions et du minimalisme de leur interprétation, là où l’album balaye la lassitude à coups d’accordéon, de flûte et de percussions. Ok je chipote, Mariee n’a de toute façon joué qu’une poignée de titres, le temps d’être sous le charme et de ne pas s’assoupir dans les fauteuils de l’ancien cinéma grenoblois.

Focus sur l'épaule gauche de Mariee Sioux
Question couleurs sépia, Alela Diane aussi se pose là. Accompagnée de la fragile Mariee, de son père à la guitare et d’un bon barbu type bûcheron taciturne au banjo et au contrechant de grizzly, elle déploie un timbre ample, charbonneux et légèrement soul qui s’enroule littéralement autour de votre gorge, le long de compositions aussi roots que joliment ciselées. Du groove vaudou de l’imparable The Pirate’s Gospel au dépouillement crève-cœur du sublime Oh! My Mama, la jeune femme aura prouvé, non sans sympathie, que sur sillons comme sur scène, ses chansons sont d’une limpidité effarantes, authentiques et jouant de leur austérité pour taper juste à presque tous les coups (à peine ou une deux étaient dispensables ce soir là). Car si son organe, sa façon de le modeler sans forcer (de hauteurs éphémères à des abysses de rondeur) et son admirable diction clapotante y sont pour beaucoup, Alela possède un vrai talent d’écriture. Cette originaire de Nevada City n’usurpe donc ni son titre de révélation ni sa place au sommet aux côtés des Cat Power et autres Joanna Newsom. Cette dernière étant également originaire de Nevada City, d’ailleurs. Comme Mariee Sioux. Chouette patelin dites donc.

Coquette, Alela Diane assortit ses tenues aux portes
Filed under: Suck My Gig | 3 Comments
Tags: Alela Diane, concert, Faces in the Rocks, Fargo, folk, G-Stone, Le Ciel, Mariee Sioux, The Pirate's Gospel
Je découvre ton blog : très éclectique, j’aime.
Et merci pour cette découverte, je suis déjà sous le charme :)
Salut Tomm
Merci de ton passage et content de t’avoir fait découvrir quelque chose.
salut zdenek merci de ton passage sur ton blog.