Highway star

15fév08
Audiosurf

Audiosurf

Des produits qui sortent mal finalisés, d’autres qui ont appétit gargantuesque en matière de ressources, d’autres encore qui se contentent d’être des redites (d’autres jeux, d’épisodes précédents), des périodes de vaches maigres : quand on est passionné de jeux vidéo, qui plus est sur PC, il arrive que l’on n’ait rien à se mettre sous la dent. Heureusement, pour éviter à l’infortuné de refaire une quatorzième fois Day of the Tentacle ou Fallout (ce qui est très louable), la scène indépendante est là. Aujourd’hui donc, un petit jeu pas cher, addictif en diable et au potentiel de rejouabilité infini… *roulements de tambour, foule qui retient son souffle, pain qui grille et fromage qui fond* : Audiosurf.

Tout est dans le slogan : “Ride your music“. Dans Audiosurf, vous êtes en effet aux commandes d’un vaisseau, lancé sur des pistes où vous devez collecter des blocs de couleurs, lesquels s’insèrent dans une grille de vingt-et-un emplacements. Le but étant de les faire disparaitre en faisant en sorte que trois blocs (au moins) d’une même couleur se touchent. La bonne idée du bousin, c’est que les circuits sont dessinés en fonction de la musique qui accompagne votre moisson : basses qui font pulser le décorum, vitesse de défilement en fonction des accélérations et temps morts… Et le plus beau, c’est qu’en sus des quatre morceaux disponibles, vous pouvez charger sur cet hybride de F-Zero et Frets on Fire la musique de votre choix, dans la plupart des formats audio courants (MP3, OGG, WMA, M4A et CD). Hip-hop rebondissant, heavy-speed technique, punk-rock qui fait des étincelles, anti-folk tordu ou rock progressif alambiqué, à chaque fois l’expérience est différente, au niveau du gameplay comme du graphisme, techniquement sommaire mais dont le rendu fait scintiller la rétine, entre le feu d’artifices cosmique, la vision sous acide qui vrille la tête et les dédales de néons d’un Tron.

Mais s’il n’était qu’un vizualizer de luxe, Audiosurf ne mériterait pas qu’on l’y revienne régulièrement. Avant tout, il est de ces productions qui vous transforment en culturiste toujours à la recherche d’un nouveau record, d’autant que la création d’un compte permet de comparer ses scores avec l’ensemble des amateurs du soft. Pour pimenter la compétition, le soft propose en outre tout un tas de “personnages” à la conduite différente : le Pointman qui peut se saisir d’un élément et le poser où bon lui semble, le Pusher qui peut pousser les blocs sur le côté, le Ninja qui doit esquiver des masses grises, le Double Vision pour s’essayer à la chevauchée en binôme ou façon ambidextre… Du coup, entre ces variantes réparties en trois modes de difficulté (en Elite, impossible d’esquiver sur les voies de garage pour se ressaisir), les bonus de points que l’on peut générer (réussir une séquence de 21, achever la course avec une grille vide…), les items qui parsèment la route (peinture pour recolorer tout ce que l’on a en stock, éclair qui rajoute plusieurs blocs d’un même type, blocs noirs ou blancs qu’il faut évacuer pour faire grimper le compteur…), les achievements à débloquer sur Steam et, évidemment le vivier de chansons qui peuvent rythmer ce culte de la performance, il y a de quoi s’occuper et se fusiller les yeux un moment. Une fois le tournis inaugural consommé, la gestion de l’horizon et du remplissage pouvant être chaotique dans les premiers tours de “circuit“.

Bref, de bonnes idées + une réalisation qui a de la tronche sans gonflette technologique = un jeu qui offre des sensations inédites et mérite une place de choix sur un disque dur. Notez pour finir que ce petit machin primé à l’Independent Games Festival coute seulement une dizaine de dollars, via Steam, ce qui est presque trop peu.

Audiosurf - Artwork - Pointman Elite

"Là, un doigt ! Euh..."


Audiosurf
(Best Game Ever) – 2008